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 LE JOURNAL D'ELISA..

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marquise
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Jeu 9 Avr - 18:57

Alors là Mimi, chapeau ....
je suis impardonnable, je n'avais pas encore lu ton journal, et je te jure que je le regrette... c'est tout simplement magnifique et j'ai l'impression au fur et à mesure de la lecture, de revoir les épisodes, c'est vraiment excellent, je te félicite, bravo

J'ai hâte de lire la suite
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JJ
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Jeu 9 Avr - 20:10

Bravo mimi, passionnant ce journal.

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Elisa Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Jeu 9 Avr - 22:51

Super, giga, méga, gigantesquement bien, incroyable et j'en passe...
Ca vallait vraiment la peine d'être patitent et je ne sais comment te remercier pour ce bonheur répandu!!!
Tout simplement, merci.

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capucine
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Jeu 9 Avr - 22:55

très joli journal intime, on y croit et même on voudrait y croire.
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angelyne
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Ven 10 Avr - 11:50

tu as beaucoup de talent et l'on sy croirait vraiment.On imagine Elisa écrivant son journal super
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Elisa Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Ven 10 Avr - 21:31

Non seulement on arrive à imager la scène où Elisa écrit son journal, mais j'iamgine même les scènes qu'elle écrit dans son journal, quand elle boit sa tisane, ou encore quand elle se déplace dans le chateau, tout, jusqu'au moindre détail, et ça j'en connaîs pas beaucoup capable de produire cette chose, alors encore une fois, tu as tous mes respects, toute mon admiration!!!

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marquise
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Sam 11 Avr - 1:13

Oui, on plonge littéralement dans l'histoire, génial...
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Mimi di Rivombrosa
Auteur du Journal Intime d'Elisa


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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Jeu 16 Avr - 13:04

Enfin seule ! Mon désir d’être seule pour, à la fois me laisser aller sans retenue à ma joie et permettre à ce trop-plein d’émotions de s’épancher enfin, a pris le pas sur mon devoir, si bien que le coucher d’Emilie m’a semblé interminable et pesant, tout comme l'effervescence due à l’arrivée intempestive d’Antoine.

En effet, alors que je m’étais « échappée » du bal, forçant fermement Emilie qui résistait à me suivre, l’agitation bruyante et le tumulte qui se firent entendre à l’extérieur attirèrent mon attention et interrompirent les confidences que je faisais à Emilie qui ne comprenait pas ce qui se passait. J’aperçus par la fenêtre de ma chambre des cavaliers qui sellaient des chevaux et Fabrice qui donnait des ordres.
Après lui avoir ordonné à Emilie de demeurer dans ma chambre et de m’y attendre, je descendis pour me rendre compte par moi-même de ce qui causait un si fort tapage.

Au bas du grand escalier, se trouvaient quelques invités de marque à la mine outrée, de ceux qui sont friands de commérages et de médisances, et qui regagnaient déjà la fête,
le Comte Drago offrant lui-même son bras à la Comtesse Anna, visiblement si irritée et contrariée, qu’elle ne parvenait pas à dissimuler son extrême indignation derrière les apparences des convenances.

Je m’enquis auprès d’Amélie de ce qui se passait. L’air soucieux, elle s’empressa de m’expliquer qu’après mon départ « précipité », affolé par la disparition inexpliquée de Lucie, Antoine avait surgi en plein bal, suppliant qu’on lui vienne en aide pour la retrouver.
Cédant aussitôt à sa demande, Fabrice avait ordonné aux serviteurs de Rivombrosa, de se mettre à sa recherche, organisant lui-même militairement la battue, exigeant que plus d’hommes y participent et rejoignent le groupe déjà sous ses ordres.

Fabrice aurait-il profité de l’occasion offerte pour quitter des mondanités qui l’ennuient, habitué qu’il est à la franchise et à la rigueur de la vie de soldat ?
La Comtesse Anna devait assurément considérer la conduite fougueuse et impulsive de son frère comme des plus scandaleuse et déshonorante; après avoir dansé avec moi, une servante, voilà donc que le Comte Ristori quittait bruyamment le bal donné en son honneur, pour aider Antoine Ceppi qui avait, quant à lui, commis une infamie bien pire encore. N’avait-il pas épousé une servante, et ainsi, renoncé à son rang et à ses biens, condamnant sa famille entière à la ruine et à la honte!

Mais, selon moi qui la connaît bien et depuis si longtemps, Lucie est très affectée par le bannissement impitoyable et injuste dont Antoine est victime depuis leur mariage, de la part de sa famille, de la plupart de ces amis et de toute la noblesse. Elle doit être en train de pleurer, peut-être même de sangloter sous le ciel étoilé et surtout de se reprocher une fois de plus, la vie de privations, d’exclusion et de rejet à laquelle elle pense avoir condamné Antoine.

Je suis rassurée à présent que rien de vraiment grave ne s’est produit et je me suis précipitée pour rejoindre Emilie qui exigea que je lui explique ce qui justifiait le chahut.
Je fus laconique et brève dans les explications que je lui donnai et fit tout pour accélérer son coucher tant mon besoin était immense de soulager ce poids de joie et de bonheur qui m’oppresse.

Voilà moins d’une heure que j’ai vécu des instants magiques qui me coupent encore le souffle et font tellement trembler ma main que je crains de ne pouvoir me relire si je ne m’applique pas davantage !

Il faut que j’écrive !!! Je suis ivre de joie !!! Si je n’écris pas immédiatement, je risque de croire que mon esprit me joue le pire des tours qui soit ou que ma raison s’égare pour se perdre à jamais! Oh Seigneur ! Ai-je vécu le paradis sur terre ou comme me le disait Amélie, qui savait déjà par Bianca que j’avais dansé avec Fabrice: « Tu as mangé ton pain blanc avant ton pain noir !!! ». Au diable les prophètes de malheur ! Je veux profiter de mon bonheur.

Vite !!! Tout est si proche encore que je ne suis pas sûre de faire le meilleur récit, ce que je souhaite pourtant de tout mon cœur, pour pouvoir en me relisant, revivre plus tard cette soirée féerique dans tous ses détails même les plus insignifiants en apparence.

Oh, mon Dieu !!! J’ai dansé ! J’ai dansé au bal ! J’ai dansé au bal avec lui ! Il m’a invitée à danser, moi, la petite Elisa sans naissance ni titre d’aucune sorte! J’ai dansé avec Fabrice ! J’ai dansé avec le Comte Fabrice Ristori devant tout ce qu’il y a de plus noble à cent lieues à la ronde ! Comme une vraie dame… moi, simple servante qui ait subi aujourd’hui encore l’humeur chagrine et amère de la Comtesse Anna!

Seigneur… Rien de plus merveilleux ne m’est déjà arrivé et rien de plus merveilleux ne m’arrivera probablement jamais plus ! Qu’ai-je donc fait pour mériter une telle grâce du ciel, un tel bienfait du destin? Ma vie réelle me semble, ce soir, tellement plus belle que les plus belles histoires et les plus douces romances dont j’abreuve mon cœur et avec lesquelles je nourris mon esprit quand je fais la lecture à ma douce Comtesse.

Pas un seul, des très nombreux bonheurs de ma vie, ne peut espérer m’avoir jamais apporté une joie aussi forte et plus intense que ces quelques pas de danse… en pleine lumière, aux côtés de Fabrice si séduisant, en uniforme d’officier de l’armée française.
Oh mon dieu ! Qui me croira, parmi ceux et celles qui n’ont pas assisté à ce bal si j’ose raconter ce que la providence m’a donné le bonheur de vivre et que j’aurais eu peur de rêver !

Dès la fin de l’après-midi, au coucher du soleil, les invités furent conviés au dîner servi dans le grand salon.
Emilie, ainsi que les autres enfants présents, trop jeunes pour se joindre au banquet, furent entraînés dans le petit salon bleu où on leur servit un repas léger que je partageai avec eux, comme me l’avait ordonné la Comtesse Anna.

Et puis… Ce fut le bal.
Alors que la salle de bal se remplissait, les musiciens qui se produisent habituellement dans les plus belles soirées de la Cour et des maisons les plus nobles ainsi qu’à l’Opéra de Turin, commencèrent à jouer, couvrant par la musique le bruit des conversations mondaines et des apartés.

Les parfums capiteux, grisants ou écœurants des belles dames qui, par leurs mouvements élégamment étudiés et raffinés, dispersaient gracieusement ces senteurs se mêlaient à l’odeur fade et commune des chandelles, au rythme des cliquetis de leurs éventails.

J’observai très distraitement l’arrivée des nouveaux invités, annoncés par le Maître des Cérémonies du palais Radicati, tant je surveillais Emilie, pour éviter tout risque de maladresse lié à son jeune âge ou à son empressement.
.
La Comtesse Agnès, resplendissante du bonheur d’avoir ses enfants à ses côtés, accueillait les invités qui la saluaient avec tout le respect et la déférence dus à son rang.
La Comtesse Anna, très élégante, radieuse, et rayonnante, comme je ne l’avais jamais vue, se montrait sous son meilleur jour aux côtés du Marquis qui semblait s’ennuyer au plus haut point.
Fabrice, qui ne paraissait pas particulièrement à l’aise et heureux d’être là, conversait amicalement, avec son complice retrouvé Julien Drago, et courtoisement avec ses autres hôtes. Il semblait s’intéresser à toutes les conversations mais paraissait soulagé quand chacune d’elles s’interrompait enfin.

Il est sans nul doute plus un homme d’action que de salon et il semble n’apprécier que modérément les frivolités qui doivent le lasser rapidement.
Mais par obligation et devoir filial envers la Comtesse Agnès, il paraissait aujourd’hui au moins s’y être soumis de bonne grâce. Je m’en réjouis pour ma maîtresse, elle qui a tant prié pour que la famille Ristori soit à nouveau réunie sous l’autorité du Comte et que Rivombrosa retrouve ainsi sa superbe et sa richesse d’antan.

Après le feu d’artifice qui fut extraordinaire et qui surprit même les plus blasés, les invités regagnèrent les salons et la salle d’apparat. Le bal commença alors réellement.
Les gavottes en rondeau, les allemandes, les menuets se succédaient et ce fut pour Emilie et moi, un grand plaisir de regarder les danseurs et leurs cavalières se mouvoir si gracieusement et harmonieusement, du moins pour la plupart d’entre eux, comme me le fit impoliment remarquer Emilie que je réprimandai.

En voyant Marguerite qui s’avançait pour danser le menuet, si belle et élégante au bras du Comte Drago, je repensai à ces merveilleuses après-midis de détente et d’amusement chez le Marquis Maffei. J’avais alors, servi moi-même de « cavalier » improvisé à Marguerite, avec les fils de Martina, la cuisinière, qui accompagnaient Mathilde et son amie Julia, lors de leurs leçons avec un Maître de Ballet réputé qui apprenait les danses à la mode aux jeunes-filles nobles avant qu’elles ne soient présentées officiellement à la bonne société.

Je me réjouissais et je profitais du plaisir d’avoir la chance de voir ces danses exécutées dans les règles de l’art, quand, soudain, Emilie attira mon attention en me montrant Fabrice qui s’avançait vers nous. Je compris aussitôt ce qui risquait de se produire et je la saisis prestement et sans hésiter pour l’entraîner au dehors. Mais, Fabrice hâta le pas et nous força ainsi à nous arrêter.

Comme je le craignais, avec une extrême courtoisie, il s’adressa à moi pour m’inviter à danser. Je ne pus trouver meilleure excuse pour fuir cette situation si embarrassante que de lui rappeler mon rôle de chaperon auprès d’Emilie. Il ne se laissa pas démonter et obtint sans difficulté de celle-ci, inconsciente de ce qui se jouait, la permission de m’inviter pour le menuet.

Comme j’avais échoué à me dérober, je me vis heureusement contrainte d’accepter son invitation. Il s’inclina devant moi et prenant la main que je lui tendais, il me retint doucement pour me dire l’émotion qu’il ressentait à m’avoir si près de lui.
Pouvait-il imaginer quelles émotions étaient les miennes ? Celle à la fois d’être à ses côtés devant une telle assemblée, celle d’avoir été choisie parmi toutes les jeunes-filles présentes, toutes d’excellente naissance, et celle d’entendre cet aveu …?

Lorsque nous nous trouvâmes côte à côte pour nous joindre au menuet dès qu’une nouvelle mesure l’aurait permis, des vagues de murmures, de gestes et de regards réprobateurs et hostiles se firent entendre de plus en plus fort et finirent par imposer le silence à l’orchestre et aux conversations les plus animées.
Certains se penchèrent, se retournèrent, se rapprochèrent même pour observer l’objet du scandale.

Ces quelques instants me parurent si interminables que la main de Fabrice qui tenait la mienne suffit à peine à me rassurer face à une hostilité aussi évidente et mon cœur se serra malgré mon bonheur. Fabrice ne comprit pas le sens de ce silence et surpris par ce qui se passait, rappelant à ses invités qu’ils étaient là pour fêter son retour, il ordonna, affable mais ferme, que la musique reprenne.

La musique reprit et la danse commença. Fabrice ne me quittait pas du regard et cherchait même à ce que l’intensité de celui-ci se maintienne quand la chorégraphie nous éloignait. Je sentais que son merveilleux regard bleu me suivait sans me lâcher. Le sourire amical et complice de Marguerite me fut d’un grand secours alors que la plupart des visages des danseurs que je croisais, ne me renvoyaient que froideur hostile ou indifférence méprisante. Je vis même le Comte Drago offrir à Fabrice un signe de tête plein de désapprobation. Mais tout cela ne comptait pas en cet instant magique car je sentais sa main qui tenait la mienne.

Il s’empara fermement de ma taille, au détour d’un mouvement qui exige des danseurs qu’ils se rapprochent au plus près. Mon trouble fut tel que je ne pus échapper à son regard comme si il m’avait aimanté. Pendant ces quelques secondes d’intimité si intense qui suivirent nous nous sommes souri comme des enfants follement joyeux…
Quand enfin, nous nous retrouvâmes dans la farandole et qu’il déposa au passage sur ma main un léger baiser plein de douceur, son regard appuyé et viril ne m’intimida plus et j’eus presque l’impression que je le laissais entrer dans mon âme.

Le mouvement final arriva et dans notre dernier face à face où nous nous tenions les deux mains, il me caressa tendrement le bout des doigts et m’attira vers lui si prestement que nos visages heureux furent proches comme jamais. Quand la musique s’arrêta, Fabrice soupira d’aise, se tourna vers moi en souriant et laissant ma main, il rompit le silence en applaudissant, suivi par quelques rares invités seulement. Le silence qui précéda les applaudissements de Fabrice me rappela à la réalité.

Avant de rejoindre Emilie, je vis le visage effaré de ma maîtresse pétrifiée et ceux furieux et fermés de la Comtesse Anna et du Marquis Alvise, ce qui ne me laissa rien présager de bon.
Emilie m’accueillit avec un adorable compliment et fut surprise quand je lui annonçai sans ménagement qu’il était l’heure de se retirer. Elle me répondit sans façon qu’elle n’était pas fatiguée mais je n’en tins nullement compte. Je me retournai une dernière fois et croisai le regard soutenu et satisfait de Fabrice, avant de bredouiller que par contre moi je l’étais et de prétexter un malaise…

Et si tout cela me montait à la tête ? Et si ce conte de fée n’était plutôt qu’un simple mirage, un enchantement et que je me réveillerai bientôt brutalement et rudement, rendue à ma condition et à la réalité de celle-ci ?
Mon corps tout entier, plus encore que mon esprit, gardera le souvenir de cette danse.
Je sais que même lorsque je serai très vieille, ridée, usée, courbée, j’entendrai secrètement encore la musique des mots de Fabrice m’invitant à danser si respectueusement, le bruit si assourdissant du silence qui précéda la danse et les persiflages scandalisés, le son si clair du clavecin, si transparent des flûtes et celui si accordé des violons et des altos, le doux bruissement de la soie des robes et les glissements des semelles sur le sol de marbre blanc.

Mais j’entends du bruit dans la cour. Des serviteurs partis à la recherche de Lucie doivent être rentrés de la battue. Il me faut descendre à l’office prendre des nouvelles et vérifier si la Comtesse Agnès n’a pas encore décidé de se retirer. J’aurai encore demain des tas d’autres confidences à faire à mon petit et si précieux journal.

A SUIVRE...


Dernière édition par Mimi di Rivombrosa le Dim 19 Avr - 2:26, édité 1 fois
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marquise
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Jeu 16 Avr - 18:21

C'est extra, tu as un talent fou, je suis à fond dedans, j'en redemande...
Encore BRAVO cheers
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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Jeu 16 Avr - 18:50

Merci!
C'est le récit qui m'a pris le plus de temps(1 mois) car il fallait être cohérent(bal-suicide et découverte de Lucie) avec la suite proche des évènements.
Il fallait qu'Elisa puisse raconter et vivre son bonheur avant d'être triste à cause de la mort de son amie et humiliée par Fabrice.
Je me réjouis que cela vous plaise!
M.
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JJ
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Sam 18 Avr - 14:38

Super mimi, le résultat est excellent, bravo!

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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Sam 18 Avr - 15:06

Après le bal et le paradis(p4)... ce sera l'aveu et la descente vers les enfers de la cave... J'y travaille...
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JJ
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Sam 18 Avr - 16:08

Je suis impatient, mais prends ton temps et merci encore, c'est passionnant!

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marquise
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Sam 18 Avr - 19:58

Oui, j'ai vraiment hâte de lire la suite Very Happy
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Elisa Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Dim 19 Avr - 21:05

Super, j'adore encore une fois, le bal est un moment spécial et tu ne pouvais pas mieux le relater.
Elisa sort de ce corps!!!!
C'est hallucinant!!!
Je ne trouve même plus les mots, mais n'en pense pas moins, j'adore tout ce que tu fais, je suis trés admirative.

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queen
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Jeu 30 Avr - 23:33

MARVELLOUS!!!! UNE SEULE MOT MARVELLOUSE !!!!!!!!!!!
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jumelle30
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Sam 2 Mai - 3:11

tres beau et vrai on se croirais au bal avec elle en train de vivre tous ca c génial bravo encore jai hate de voir la suite:)
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queen
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Ven 12 Juin - 23:31

LA SUITE LA SUITE!!!
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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Dim 28 Juin - 21:56

Lucie est morte. Lucie s’est noyée... Ma Lucie s’est suicidée. Mon amie depuis toujours. Pendant que je dansais, que je m’amusais, ma Lucie s’est suicidée. Comment ai-je pu être aussi égoïste, aussi indifférente à son désespoir ? Comment ai-je pu me laisser aveugler par mes petits désirs et mes méprisables illusions ? Comment ai-je été aussi indifférente et aussi insouciante, écervelée et irréfléchie, moi qui met habituellement un point d’honneur à préserver ceux que j’aime ?

Comment n’ai-je pas compris que les mises en garde qu’elle m’avait prodiguées suite à mes stupides confidences trahissaient sa propre détresse et son infini chagrin ? Comment ai-je pu être si négligente, si frivole alors qu’Antoine m’avait lui -même fait part de son inquiétude devant son humeur abattue, mélancolique et sa mine obscure, elle auparavant si rayonnante et si enjouée? Comment n’ai-je pas pu écouter et entendre mon amie alors qu’elle en avait tant besoin ? Comment ai-je pu la laisser sombrer dans les ténèbres sans m’en apercevoir ?

Comment ai-je pu méconnaître la force de sa douleur et son impuissance à s’en dégager ? Quelle solitude devait être la sienne pour ne pas avoir trouvé d’autre issue à sa souffrance que de se donner la mort.

Je n’arrive même plus à pleurer ou à prier. Tant de gens l’aimaient et le lui prouvaient. Pourquoi a-t-elle fait cela ? Pourquoi a-t-elle laissé le mépris, l’arrogance dédaigneuse, le rejet des nobles prendre le pas sur l’amour infini d’Antoine, l’affection des siens, l’amitié, la reconnaissance et l’attachement de tous ceux qu’elle aimait elle aussi et à qui elle était si dévouée.

Mon esprit est partagé entre tristesse et colère. Une colère qui crie à l’injustice, qui hurle mon indignation et ma rage face au traitement cruel, odieux et si injuste subi par Antoine et Lucie dont le seul crime était de s’aimer.

Ma tête est vide et si lourde. Mon cœur qui battait la chamade de bonheur, il y a à peine quelques heures, est à présent si plein de chagrin et d’amertume. J’ai l’impression de n’être plus que l’ombre de moi-même, moi qui n’ai pu déceler chez mon amie de toujours un désespoir si profond qu’il l’a emmenée vers une destinée tragique, elle qui ne méritait que le bonheur. Je me sens seule et perdue comme rarement. Toutes ces pensées et ces émotions, toute cette joie immense qui m’avait assaillie, n'étaient en fait, que vaines illusions et rêves dérisoires.

Quand j’entendis les hommes qui rentraient de la battue le visage fermé, annoncer que l’on craignait que Lucie ne se soit noyée, après que sa cape eut été retrouvée sur la rive, je me refusai de croire à une telle malédiction.
Pendant que, dans la nuit, Vaillant me menait au galop au bord du lac derrière la maison d’Antoine, je priai Dieu et la Madonne, je me persuadai que ce n’était qu’un horrible malentendu, rien de plus qu’un cauchemar dont je me réveillerais.

Mais, dès mon arrivée à l’embarcadère, je compris que la terrible vérité était bien celle-là et qu’un immense malheur nous avait tous frappé. Jamais je n’oublierai le regard perdu, égaré et les sanglots désespérés d’Antoine berçant sa Lucie, morte, au bord de l’eau noire.
Alors que je courrais vers elle, Fabrice qui se tenait près d’Antoine, m’empêcha de m’approcher et m’obligea à me modérer, me retenant dans ses bras en me répétant que tout était fini pour Lucie. Il chercha à apaiser et à soulager ma peine, oubliant toute convenance, ne se préoccupant que de moi. Fabrice resta à mes côtés jusqu’à ce que je me fusse calmée et que j’eusse arrêté de pleurer.

Alors que le jour se levait sur le lac, les paysans, les pêcheurs et ceux qui avaient participé aux recherches restaient là, sans bouger, si tristes et sombres, Lucca et Justin aidèrent Antoine à déposer Lucie sur le vieux chariot. Fabrice, lui aussi, semblait très affecté, son visage était fermé.

Je caressai les cheveux mouillés de Lucie avant que Antoine ne recouvrit son visage blême et livide d’une pauvre toile de jute.
Mon sang se glaça et je m’en veux de n’avoir pu même pas trouver un mot de consolation et de réconfort pour lui avant que la charrette ne s’ébranle et n’emmène son corps.

Quels devaient-être le désespoir et la souffrance de Lucie pour qu’elle commette cet acte irréparable plutôt que décider de se battre pour l’amour d’Antoine, contre la malveillance et la rancune injuste, elle qui tout au long de sa vie s’était montrée si pleine de courage, de vitalité, de sang-froid et de volonté.
Quelle douleur devait être la sienne, pour n’avoir pas pu trouver en elle et dans son amour assez de force pour vivre et ainsi laisser seuls et désespérés, Maria, sa mère, Antoine et tous ceux qui l’aimaient et avaient tellement besoin d’elle.

Ce moment est un des pires de ma vie. Je repense à la mort de mon pauvre papa et je ressens à nouveau ce froid glacial, ce vide et ce manque, cet abandon, ce désespoir immense de ne plus jamais rire avec ceux qu’on a aimé, de ne plus jamais rien apprendre d’eux, de ne plus entendre la chaleur ou la raucité de leur voix, le bruit de leurs pas, de ne plus lever les yeux au ciel quand leurs manies nous irritent…

Je demeurais là, inutile, à suivre du regard la charrette où elle reposait, qui s’éloignait lentement avec Antoine qui s’y accrochait et qui marchait à ses côtés comme un automate. Mon cœur se serra pour lui qui avait tout sacrifier à son amour et qui à présent se trouvait si seul face à un destin aussi cruel et impitoyable.

Je partageai ces pensées avec Fabrice qui me répondit avec une franchise sans aucune compassion qu’Antoine savait ce qu’il risquait à aller contre les lois. Sa réponse abrupte trancha avec l’attitude si attentionnée qu’il eut à mon égard en me couvrant avec sa veste et en me pressant chaleureusement les épaules pour me réchauffer. Sa réaction quand je lui rappelai à quel point Antoine était amoureux, me plongea dans un plus grand désarroi encore. Quand il m’avoua qu’il ne voudrait pas être à sa place et que même si tout le monde fait des erreurs en amour, il considérait qu’il y avait des limites à ne pas franchir.

Je réalisai à cause du ton affirmé et même moralisateur de sa réponse que lever toute ambiguïté quant à ma condition, comme me l’avait conseillé Amélie dès son retour, ne pouvait plus souffrir le moindre délai. Je cherchai alors à lui parler en faisant allusion aux évènements du bal, mais il refusa de m’écouter en prétextant que le moment n’était pas favorable aux confidences et il me laissa pour aller chercher nos chevaux.

Il amena Vaillant jusqu’à moi et m’enjoignant à enfiler sa veste pour me préserver du froid et de l’humidité lors de la traversée de la forêt, il m’aida à le chevaucher. Nous nous joignîmes à tous ceux qui rentraient à Rivombrosa et Fabrice resta à mes côtés sans plus mot dire. Combien de fois n’ai-je pas, joyeuse ou pressée, traversé ces bocages, ces clairières et ces futaies en revenant d’une visite faite à Lucie ? Jamais ce chemin que je connais par cœur ne m’était apparu aussi interminable et pénible.

La route du retour fut triste et silencieuse pour nous tous. Pas un mot ne brisa le mutisme dans lequel nous étions tous plongés comme si nous étions chacun, seul à porter le fardeau douloureux de ce que nous venions de vivre.
Notre arrivée à Rivombrosa était attendue et la confirmation de la terrible nouvelle entraîna chez tous les domestiques présents une réaction propre au caractère de chacun ; certains refusaient d’y croire, d’autres pleuraient, d’autres se signaient et se taisaient, d’autres encore manifestaient bruyamment leur indignation … Amélie consolait Dorine dont la mère venait du même village que celle de Lucie. Bianca sanglotait, seule à l’entrée de l’étable. Tous étaient accablés.

Fabrice ne fut pas assez rapide pour m’aider à descendre de cheval. Alors que je lui rendais la veste qu’il m’avait prêtée, il s’enquit de mon état et me conseilla avec beaucoup de gentillesse d’aller me réchauffer au feu de la cuisine avant de me reposer.
Je le remerciai et le saluai, mais le besoin que je ressentais d’être seule me fit gagner ma chambre dès que j’eus pris des nouvelles de la Comtesse.

La mort de Lucie est pour moi un signe du destin et du ciel pour me rappeler à l’ordre de ma condition mais aussi de mes devoirs envers ma famille mais aussi envers la Comtesse Agnès que j’aime tendrement et dont la mine consternée au bal montrait assez la désapprobation et l’embarras face au mépris des convenances auquel elle avait assisté sous son toit.

Je me vois aujourd’hui comme une naïve rêveuse qui s’est laissée dominer par ses désirs superficiels et irréalistes et qui a permis honteusement à sa vanité d'asservir sa raison et de négliger tous ses devoirs, d’amie sincère et fidèle envers Lucie et Antoine et de servante loyale et dévouée envers ma maîtresse, elle toujours si généreuse à mon égard.

Dormir me paraît impossible et m’occuper aux tâches qui sont les miennes m’apparaît comme la meilleure solution pour fuir mon chagrin, ma révolte et l’insoutenable sentiment d’avoir failli à mes devoirs.


Dernière édition par Mimi di Rivombrosa le Lun 29 Juin - 22:29, édité 1 fois
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marquise
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Dim 28 Juin - 22:28

Ouah !!!!!! génial, je me languis de lire la suite Very Happy
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coco
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Dim 28 Juin - 23:20

wow!!!c'est genial.....vivement la suite en effet.......... geek c'est super bien ecrit, bravo cheers cheers

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Elisa Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Lun 29 Juin - 11:56

C'est vraiment trop trop bien écrit. On pourra jamais t'enlever ce talent. J'ai rarement lu de si beaux écrits. Quand tu écris on ressent bien que tu te mets dans la peau d'Elisa, on dirait même que tu es possédée. Ce n'est pas du à tout le monde de pouvoir entrer ainsi dans la peau d'un personnage. Cinzia Th Torini devrait vraiment te connaître, elle a du fil à retordre, à sa place je me ferais du soucis.
C'est vraiment, vraiment bien. Les mots sont beaucoup trop faibles. En tout cas, un grand grand bravo. Je regrette vraiment de ne pas avoir un support papier de tes écrits. Tu mériterais vraiment d'éditer un livre. Y songe-tu?

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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Lun 29 Juin - 21:17

Merci pour tous ces gentils commentaires et encouragements!
J'ai moins de temps pour écrire mais cette merveilleuse histoire et ses personnages me donnent l'envie de continuer.
Michèle
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Elisa Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mar 30 Juin - 11:02

Ba écoute ça vaut vraiment la peine de patienter, alors prends ton temps et donne nous encore tant de bonheur.

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lucie
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mar 30 Juin - 12:33

Je viens de voir ce post et ça m'as fais tilt parce que j'ai moi aussi commencé d'écrire Le journal d'Elisa. Sauf que le mien commence au 12 ans d'Elisa. Donc je pense que je lirais celui-là après. Mais Michèle j'ai commencé les premières lignes quand même et il est vrai que l'écriture est magnifique. Je vais donc me dépêcher d'avancer pour lire le tiens. Si ça ne vous dérange je vous ferais partager le miens quand j'aurais finis la 1ère partie. C'est-à-dire celle qui se termine au 1er épisode de la série.
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