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 LE JOURNAL D'ELISA..

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Mimi di Rivombrosa
Auteur du Journal Intime d'Elisa


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MessageSujet: LE JOURNAL D'ELISA..   Ven 6 Fév - 2:22

Très chères participantes de ce forum,
Je vous propose de partager les secrets du cœur d'Elisa... dans son journal...
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Mimi di Rivombrosa
Auteur du Journal Intime d'Elisa


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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Ven 6 Fév - 3:07

I-
Il me semble que je ne pourrais vivre ailleurs… qu’ici à Rivombrosa. En revenant du village ce matin, je ressentais le bonheur de vivre ici, la joie de pouvoir venir goûter, sentir, écouter cette nature que j’ai à la fois l’impression de connaître et de découvrir chaque fois que je la traverse emportée par Vaillant.

Je me sens si fortement attachée à ce domaine que la seule idée de devoir le quitter m’arrache le cœur. Malheureusement, la santé défaillante de la Comtesse Agnès et l’inimitié dans laquelle me tient la Comtesse Anna rendent mes craintes douloureusement réalistes.

L’état de la Comtesse Agnès m’inquiète et Antoine ne m’a pas rassurée. Il semble même qu’il faille accepter que l’on ne puisse pas se contenter d’espérer qu’il puisse un jour s’améliorer ou se stabiliser.

Ses malaises sont de plus en plus fréquents. La comtesse paraît perdre des forces à chaque fois que son cœur affaibli la fait défaillir. Antoine m’encourage à lui éviter toute émotion qui pourrait lui causer une crise plus grave encore.

Je crains que sa santé ne se dégrade aussi par l’inquiétude et le chagrin ;l’inquiétude de voir Rivombrosa géré par le Marquis Radicati et le chagrin d’être privée de la présence auprès d’elle de son fils bien-aimé, le Comte Fabrice.
C’est une femme forte et courageuse qui même si elle se refuse à l’avouer, en souffre beaucoup.

Je la vois prier chaque jour pour son retour et contempler le portrait du Comte avec le regard si plein de l’amour d’une mère et de la tristesse de l’absence.
Mon cœur se sert à l’idée qu’elle ne puisse le revoir et le serrer dans ses bras avant que Dieu ne la rappelle à lui.

Elle me demande chaque jour de lui relire des lettres de son fils qu’elle garde précieusement dans sa boite à bijoux.
Ces moments de présence épistolaire la consolent et lui permettent d’attendre le courrier qu’elle espère tant sans le dire et qui lui annoncerait le retour du Comte à Rivombrosa.

Chaque nouvelle lettre, la met en joie même si la brièveté toute militaire de ces missives la laisse insatisfaite. Je sens qu’elle voudrait lui répondre longuement. Elle se contraint par fierté pourtant à lui écrire moins souvent et plus brièvement que ce que son cœur ne lui ordonne pour ne pas le déranger ou l'alarmer.

Encouragée par Antoine, j’ai décidé d’écrire au Comte pour l’informer que son retour est autant espéré que motivé par la santé déficiente de sa mère et cela malgré ses obligations .

Je referme ce journal pour m’atteler à cette tâche.


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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Ven 6 Fév - 13:43

II-
La vie s’écoule joyeusement au château. Nous avons fêté le départ prochain de Paola qui épousera bientôt un garçon de son pays. Il a parcouru un bien long chemin pour venir, accompagné de sa mère, la demander en mariage ici à Rivombrosa. Il est arrivé, sans crier gare, les bras chargés de présents, pour lui dire son amour et faire sa demande.

Nous avons bu du vin, mangé les délices d’Amélie et de Dorine et dansé jusque tard dans la nuit. J’ai cru voir des regrets dans le regard de Pietro qui a traîné à se déclarer malgré les conseils d’Angelo et de Simon.

Quel bonheur cela doit être que d’épouser l’homme que l’on aime; celui qui fait battre ou s’arrêter le cœur et briller les yeux . Quel bonheur cela doit être que de se pendre à son cou, sentir ses mains autour de sa taille, ses baisers passionnés sur ses lèvres, ses caresses et sa chaleur.
Les lectures dont la Comtesse Agnès est si friande parlent si bien de ces sentiments si doux et si forts à la fois que je ne peux m’empêcher d’espérer moi-même pouvoir les vivre à mon tour.

L’amour si parfait et si beau qui unit ma chère Lucie à Antoine qui a tout laissé de sa condition et de ses privilèges pour vivre son amour m’émerveille et me fait rêver.
C’est d’ailleurs pourquoi, je comprends parfois mal la mélancolie de Lucie qui laisse un doute pernicieux trop souvent s’insinuer dans son cœur. Antoine, si attentionné, si sincère et si amoureux, s’en montre souvent inquiet et m’a confié son désarroi.

Il me semble que tout me paraîtrait parfait si je vivais un amour aussi profond et partagé.
Dieu m’entende dans sa grande bonté et me fasse enfin croiser le chemin de cet homme qui vit déjà dans mes rêves.

Voilà bientôt deux semaines que ma lettre au Comte Ristori est partie. Aucune réponse ne nous est jusqu’ici arrivée de France. L’a-t-il reçue ? Est-il retenu par ses devoirs ?

La Comtesse Agnès a dû recevoir la visite d’Antoine par deux fois ces jours derniers. Sa santé semble tenir comme à un fil. Un fil de vie qui la relie à ce fils qui occupe ses pensées et dont elle me parle chaque jour. Cela semble l’apaiser et lui faire grand bien. Un jour elle me parle de sa fierté devant le courage du Comte. Le lendemain c’est évoquer ses bêtises d’enfance, les parties de chasse avec son père ou sa prestance qui lui met le sourire aux lèvres et la joie au cœur. Comprendra-t-il l’importance de mon message pour ma chère Comtesse ?

La Comtesse Anna est arrivée hier sans prévenir et n’a pas manqué de me surprendre, pour mon malheur, alors que je revenais d’une chevauchée avec Angelo.
Tous ses mots, sa manière de me traiter, me laisse toujours le cœur lourd. Elle ne me trouve jamais aucune qualité d’aucune sorte. Toute occasion lui semble propice à me critiquer.

Le matin,elle s’en prend à ma tenue, le midi, mes cheveux seront mal coiffés, mon pas trop rapide ou trop lent. Son attention de l’après-midi sera attirée par ma manière déplaisante de servir la limonade ou le thé. Le soir, elle critiquera le temps trop long ou trop court passé auprès de l’adorable petite Marquise Emilie lors de son coucher. Même mon attachement à la Comtesse Agnès paraît lui être suspect. Voilà bien qui me désespère et m’indigne à la fois même si je ne m’en plaindrais jamais pour ne pas tourmenter la Comtesse qui souffre déjà bien assez par l'absence du Comte.

Je dois avouer que sa présence me cause toujours une grande inquiétude et son départ grand soulagement même si je sais que ses visites et sa compagnie sont sensées faire du bien à ma tendre Comtesse, si chère à mon cœur, elle qui me traite comme sa propre fille et qui considère ma personne , le fond mon cœur et la valeur de mes actes plutôt que le hasard de ma naissance pour juger de ma valeur.
Que Dieu entende ses prières et lui donne ce bonheur qu'elle mérite tant!


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coco
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Ven 6 Fév - 15:52

waouhhhh, c'est tres bien ecrit mimi, et je trouve que c'est une bonne idée de faire sous forme de journal intime.......c'est vrai qu'elle en tiens un dans la serie mais on ne sait pas vraiment ce qu'elle ecrit si ce n'est la passage que Fabrice nous lis dans un episode.........

Merci mimi, tu es aussi douée pour l'ecriture à ce que je vois Wink
vivement la suite........

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Elisa Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Sam 7 Fév - 13:58

Géniallissime!!!!!!!

Quelle narration merveilleuse, digne d'un grand auteur.

Et quelle rédaction! Ton vocabulaire est vraiment trés riche, digne de cette époque, les mots sont juste, à la hauteur d'Elisa même. je t'en félicite et adore vraiment cet écrit sous forme de journal.
Cinzia Th Torrini n'a qu'à bien se tenir avec 2 rivales comme toi et Cassidie.
Comme cette dernière me disait d'ailleurs hier, il est trés simple pour elle d'écrire une histoire sur Elisa, les scènaristes n'ay ant pas poussé assez loin l'histoire, le potentiel enorme de cette série, et vous 2, le faite aujourd'hui.

Tu compte en faire une suite de ce chapître du journal? J'espère bien car j'en veux déjà pleins d'autres.

Merci Mimi pour le bon temps passé.

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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Dim 8 Fév - 2:39

III-
J’avoue que me voici bien soulagée. Après m’avoir, une fois encore, fait part de ses récriminations, la Comtesse Anna est repartie ce matin pour Turin avec la petite Emilie et son époux, le Marquis Alvise. La Comtesse Agnès ne cache ni à sa fille ni à lui-même le peu d’affection et d’estime dans lesquelles elle le tient, suite aux multiples outrances et excès dont il s’est rendu coupable depuis son mariage.

Les conséquences de la conduite et des agissements du Marquis Radicati n’échappent en rien à l’intelligence sans complaisance de ma maîtresse et lui causent de bien douloureux soucis.
Je crains que sa santé déjà si fragile n’en soit sérieusement affectée et je m’efforce à chaque fois de la rassurer même si je sais qu’elle a malheureusement raison en tous points.

La Comtesse Agnès ne voit que le retour du Comte Fabrice pour ramener l’ordre et la sérénité à Rivombrosa et arrêter les manigances déplorables du Marquis, dictées par le seul intérêt, et ses incompétences dans la gestion du domaine.

Après avoir dépenser sans compter la très grande fortune qui lui venait de sa famille, le Marquis ne semble venir à Rivombrosa que pour puiser dans les caisses et trouver ainsi sans effort de quoi rembourser les lourdes dettes qu’il contracte à force de mener grand train, entouré de personnes peu recommandables, et s’adonner à sa passion du jeu. La rumeur rapporte en plus, qu’il organise des fêtes où la vertu, la bienséance et l’honneur n’ont guère le privilège d’être invités.

La Comtesse Agnès reproche à sa fille Anna de méconnaître la triste réalité de la conduite de son mari, de ne point y réagir et ainsi de la cautionner.Elle réprouve sévèrement sa tendance à n’exercer son autorité et sa vindicte que envers les domestiques et d’épargner lâchement son mari qui mériterait quant à lui bien des semonces.

Je comprends que la Comtesse Anna si soucieuse de ce qui ce fait ou ne se fait pas, cherche à éviter tout scandale qui pourrait rejaillir sur le nom de sa famille en cachant la réalité si pénible de sa situation et la déconvenue fâcheuse de son mariage, même à la Comtesse Agnès qui n’en est pas dupe pour autant et qui en souffre.

Que la Comtesse Anna doit être malheureuse de subir de telles humiliations de la part de son mari même! Elle qui attache tant de prix à l’honneur de la famille Ristori, au respect qui lui est dû et aux convenances, doit en souffrir douloureusement.

Elle semble avoir trouvé dans la prière une très grande consolation et un grand réconfort face aux désillusions qui s’imposent à elle.
Fasse le ciel qu’elle s’adoucisse et soit plus charitable et bienveillante avec les serviteurs à l’image de sa mère, la Comtesse Agnès.

J’ai reçu mes gages ce matin de la Comtesse qui s’est une fois de plus montrée bien généreuse à mon égard. Dès demain, je me réjouis de voir ma courageuse maman afin de pouvoir lui donner mes quelques pièces d’argent et soulager ainsi la dureté de sa vie depuis que le destin nous a si cruellement frappé à la mort de mon cher papa, nous laissant seules, désemparées et sans ressources. Ursuline et maman se régaleront avec les délicieuses pâtisseries préparées par Amélie qui leur a généreusement réservé une part copieuse.

Je profiterai de mon passage au village pour donner une leçon de lecture à mon petit Martin, si cher à mon cœur, afin qu’il puisse espérer un avenir où il ne sera pas obligé de servir des ivrognes dans une auberge sale et malfamée.


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cassidie34
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Dim 8 Fév - 12:04

Je viens de découvrir ce que tu écrit. C'est magnifiquement bien écrit. Cette manière d'écrire me transporte directement à Rivombrosa où je m'imagine très bien Elisa pouvant écrire tout ça dans son journal intime.

J'ai une concurrente qui ne va pas tarder à me faire de l'ombre lol.

Continue comme ça, c'est merveilleux. Et j'espère lire très vite une suite.
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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Dim 8 Fév - 20:19

Merci pour vos adorables messages qui m'encouragent à continuer. N'hésitez pas à faire vos commentaires car ils éveillent mon imagination.

M.


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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Dim 8 Fév - 20:30

IV-
Fabrice est revenu ! Je veux dire, le Comte Fabrice est revenu à Rivombrosa et Rivombrosa est en joie. Je désespérais qu’il ne donne signe de vie depuis mon courrier et son silence m’inquiétait.

La Comtesse Agnès qui était alitée depuis son malaise d’hier, m’avait encouragée à commencer la lecture des nouveaux livres que nous avions choisis ensemble et qu’elle avait fait commander à Turin.

Je me trouvais donc dans la bibliothèque, près de ma fenêtre préférée, plongée dans un roman d’amour qui me passionnait, quand la porte s’ouvrit et qu’apparût soudainement un officier à la très belle prestance.

Mon cœur sauta de joie quand je le reconnus ! Je fus si surprise que je me relevai en sursaut et reculai de plusieurs pas timidement comme pour échapper à ma propre émotion. Il s’arrêta à la porte un instant, un doux sourire aux lèvres. Puis, calme et sûr de lui, il s’avança vers moi qui le regardais, s’excusant, confus, de m’avoir effrayée. Je le rassurai et m’avançai vers lui à mon tour.

Je vis qu’il m’observait légèrement intrigué, intéressé même, comme cherchant jusque très loin dans sa mémoire qui je pouvais bien être. Enfin, il se présenta avec toute la bienséance convenant à son rang : « Comte Fabrice Ristori. » « Je sais » répondis-je. « A votre service… » ajouta-t-il en s’inclinant très respectueusement vers moi. Et moi : « Je suis très honorée, Monsieur » en lui faisant la plus belle révérence possible malgré mes jambes qui tremblaient.

Il s’inquiéta alors de savoir si nous nous connaissions. Sans attendre, je lui indiquai que j’avais vu son portrait dans la chambre de la Comtesse Agnès. Je lui dis alors combien il était attendu et lui enjoignis timidement de me suivre. Il m’ouvrit la porte et je le précédai vers la chambre de la Comtesse.

Je frappai, et prestement il entra dans la chambre et s’avança vers sa mère alitée, impatient qu’il était de se montrer à elle et de la voir lui-même.
Aucun mot ne pourrait traduire la joie et l’émotion de ma maîtresse lorsqu’elle l’aperçut.

Elle l’attira dans ses bras, pleurant presque et souriant comme jamais je ne l’avais vue sourire auparavant, lui disant son immense bonheur. Lui-même semblait heureux et se soumit très volontiers au désir de sa mère, ravi qu’il était de lui faire ce plaisir après une si longue séparation.


Je sus alors que ce j’avais fait était bien et je refermai la porte sur ces retrouvailles, laissant ma chère Comtesse auprès de ce fils tant aimé. Quelle joie pour moi qui l’aime tant pour son cœur généreux si plein de tendresse pour moi, de la voir si heureuse, enfin comblée après avoir tant espéré.

Ce retour est une bénédiction et je prie le ciel pour que le Comte mesure son importance pour nous tous.

J’entends le château qui s’agite et voilà bientôt l’heure de servir le repas du soir de ma tendre Comtesse.


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angelyne
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Dim 8 Fév - 21:17

j'adore ton idée.Bravo
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meryou
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Lun 9 Fév - 1:03

Bravo s'est simplement géantissime comme idée et merci de la partager avec nous.

J'avoue que je suis pas fan de lecture mais je peut pas m'y empecher et j'ai vraiment hate de lire la suite.

Félicitation pour ton écrit je ne t'arrive pas à la cheville, ainsi que cassidie!

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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Lun 9 Fév - 2:18

V-
Malgré l’heure tardive, je ne me sens pas fatiguée le moins du monde et l’envie de prendre ma plume en témoigne.

Ce soir, tous se réjouissaient sincèrement du retour du Comte Fabrice. Même Bianca et son éternelle mauvaise humeur participaient à la ferveur générale !
Le Comte Fabrice est venu sans façon aucune, dans les communs saluer les serviteurs et recevoir leurs vœux de bienvenue. Il a serré dans ses bras, embrassé des joues, donné des accolades et frappé des épaules.

Le Comte Fabrice ne cachait pas sa joie de retrouver Amélie qui l’a élevé et ceux des domestiques avec qui il avait partagé des jeux d’enfance et pour qui il semble avoir gardé une bien grande affection. C’est un homme très chaleureux, affable et cordial qui a le don de fédérer autour de lui. Des patrons tels que lui sont
rares, qui s’adressent aux serviteurs avec une autorité naturelle teintée de respect et qui se font obéir sans humilier ou abaisser.

On a ouvert,à sa demande, généreusement et bruyamment quelques bonnes bouteilles du vin de la propriété et trinqué à sa santé, à celle de la Comtesse Agnès et à Rivombrosa.

Le Comte était assis à la table et remplissait les verres vides qui se tendaient vers lui.

J’ai croisé son regard appuyé alors qu’il cherchait le mien à quelques reprises et mes joues se sont embrasées comme si je me sentais prise en défaut. Craignant qu’il n’ait remarqué mon embarras, je me suis éclipsée et rapidement retirée dans ma chambre.

Malgré les bruits de la fête, je pense qu’il serait sage de chercher le sommeil.
Je remets à demain ma tâche d’écrire à la Comtesse Anna pour lui annoncer le retour du Comte Ristori.


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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Lun 9 Fév - 19:59

VI-
Voilà bientôt plus d’une heure que j’essaye vainement de trouver le sommeil. Mon esprit est agité, vagabonde et je ne peux le calmer pour le laisser s’endormir.

Je pense au bonheur de la Comtesse Agnès et je me sens si heureuse pour elle. Elle m’a donné dès ce soir ses ordres et instructions pour que le retour du Comte Fabrice se passe sous les meilleures auspices.
Elle tient à le voir occuper sa place de patron de Rivombrosa et qu’il soit avisé au plus tôt des changements et des conséquences de la gestion du domaine par le Marquis Alvise.
Une mère qui a été si longtemps privée de la présence de son fils doit avoir hâte de lui montrer à quel point il lui a manqué et combien il importe qu’il assume les responsabilités qui lui incombent et qui sont attachées aux privilèges de son titre.

Le portrait du Comte Fabrice, élogieux et très flatteur à tout égard, que me peignait la Comtesse Agnès, me semblait, avant que je ne le vois, en tout point dicté par son amour maternel qui je le craignais, ne pouvait que l’avantager et le gratifier de qualités qu’il ne possède pas encore.

Je dois bien avouer que la Comtesse n’avait en rien menti, exagéré ou surestimé l’apparence très plaisante et la conversation assurément fort aimable de son fils.

Le Comte est un homme grand et svelte qui a très belle et fière allure. Sa démarche assurée est pleine de noblesse, de décision et de courage.
Son regard bleu comme le ciel d’été de Rivombrosa est profond, franc et vif, et traduit facilement sa surprise, son amusement, son irritation ou son inquiétude.

Ses lèvres sont pleines et bien dessinées et quand un sourire vient s’y poser ou qu’il marque une hésitation ou un arrêt dans son discours, on a envie de s’y suspendre pour ne rien manquer.

De tous les hommes nobles qu’il m’a été donné de voir jusqu’ici, je dois avouer qu’il est celui qui est le plus plein de cette noblesse de cœur qui me semble être la seule qui soit réellement digne de respect.

Il a par tout cela, sans nul doute, hérité des qualités d’âme de sa mère la Comtesse Agnès.


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isa72
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Lun 9 Fév - 23:58

Merci beaucoup pour cette belle idée de journal !! C'est très très bien écrit ; cela se lit si facilement ...

Je m'interroge sur les écrits d'Elisa dans ce journal : s'est-elle arrêtée d'écrire lorsque Fabrice et elle ont été en couple ? A-t-elle repris l'écriture après sa mort ?

Suspense !

Encore félicitations,

Isa
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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mar 10 Fév - 2:50

VII-
Alors que pour trouver un peu de calme et fuir l’agitation qui depuis hier a envahi le château, j’entrais dans la bibliothèque, je me trouvai face au Comte Fabrice qui y travaillait.

Souriant et affable, il manifesta aussitôt le désir de m’entretenir de la santé de la Comtesse Agnès et me remercia de lui avoir écrit pour l’informer que son retour rapide auprès d’elle était souhaitable et se justifiait .

Nous fûmes interrompus dans cette conversation par Bianca qui apportait le thé. Je ne peux dire quelle fut ma surprise, et celle de Bianca n’en fut pas moindre, quand il lui demanda d’apporter une autre tasse pour moi en m’appelant respectueusement « Madame ».

Mais mon trouble devint plus grand encore, quand il m’annonça sans détour et presque sévèrement, son intention de rejoindre son régiment dès la fin de sa permission.

Mon cœur sursauta et faillit alors s’arrêter. « A peine arrivé, le Comte songe déjà à repartir vers ses devoirs militaires. Quelle triste nouvelle pour la Comtesse qui a tant attendu ce retour… » pensai-je.

Contre ma volonté, trahie par mon émotion, je ne pus lui cacher, mon immense déception et le désarroi où me plongeait l’annonce brutale et inattendue de son prochain départ, puisqu’en m’avançant brusquement vers lui, je heurtai la tasse et ainsi renversai le thé sur le plateau.

En m’empêchant de réparer ma bêtise, il me signifia aimablement mais fermement qu’il souhaitait être seul à décider de son avenir.

Cette remarque, en présence de Bianca, me fit honte et je sentis le sol qui se dérobait sous mes pieds. Mais aussitôt, un sourire énigmatique et mystérieux apparut sur ses lèvres et il ajouta en me regardant intensément, comme pour me gêner et au point de me faire baisser les yeux « A moins qu’il arrive quelque chose qui me fasse changer d’avis. »

J’acquiesçai et de plus en plus troublée, je prétextai alors mes devoirs envers la Comtesse, pour interrompre la conversation et me retirer aussitôt.

Comment décrire, ce que je ressens depuis le retour du Comte, si ce n’est en m’avouant que ses si nombreuses qualités m’inspirent une vive admiration et une attirance troublante qui à la fois me remplissent de joie et de crainte.

Ma bonne Amélie m’a rapporté des propos qui se tiennent dans les cuisines et font état d’un intérêt particulier de Monsieur le Comte à mon égard.

Elle m’encourage à l’éclairer sans tarder sur ma condition de servante, craignant pour moi des suites néfastes lorsque le Comte en sera informé. Devant mes réticences et mon incompréhension,
elle persévéra dans son insistance à m’encourager à clarifier mon état.

Je dois à l’honnêteté, que je ne peux nier le plaisir immense que ces commérages m’ont causés…


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cassidie34
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mar 10 Fév - 11:14

C'est hyper bien écrit. J'adore. Quand on lit, on revoit toutes les scènes qu'Elisa raconte dans son journal.

Félicitation pour ce chef d'oeuvre. Et une suite, très vite!!!!
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Elisa Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mar 10 Fév - 23:02

Super Mimi, voilà, je ne peux plus me passer de tes écrits. Encore une lol.

J'ai réellement l'impression de lire le journal d'Elisa, c'est excellement bien écrit, de la même façon qu'elle, s'en est même dingue et insolent de ta part d'écrire aussi bien.
Quel bonheur, comme pour Cassidie, je ne trouve pas vraiment de mots assez expressifs de ce que je ressens là maintenant, mais j'ai juste envie de te dire que tu as tous mes respects, que je suis fière de connaître une artiste comme toi, même si au fond, on ne se connaît peu et que j'ai aps envie de te lâcher lol.

J'ai hâte de lire la suite.

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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mer 11 Fév - 2:26

Merci pour vos encouragements à toutes.
J'aime écrire.
Cette histoire m'a fascinée dès le début. Trop peut-être!
Ce qui m'intéresse au travers de cet exercice de style, c'est pouvoir explorer l'intimité émotionnelle d'Elisa qui me paraît être un personnage bien plus complexe que les apparences ne le laissent penser dans la première saison (j’ai de très grandes réserves pour la 2è saison après la mort du Comte).
Elle me semble bien moins naïve et ingénue qu'il n'y paraît. Elle est armée d'une confiance en soi très solide qui la soutient au travers des épreuves qu'elle traverse et est capable de passer au plan B quand le plan A se plante… parce que seul compte l'objectif final... Fabrice!
Y a des leçons à en tirer...
J'ai une fin de semaine en enfer à gérer qui ne me donnera pas de temps pour y travailler.Mais je continuerai dès le week-end.
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jumelle30
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mer 11 Fév - 20:47

bravo mimi j'ai juste hate de voir la suite on entre dans la peau de élisa tres facilement avec ton chef-d'oeuvre,franchement vous mimpressionner toi et cassidie.encore bravo et continuer votre travail d'écrivaine :)byebye bisous
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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Dim 15 Fév - 17:14

VIII-
Si je m’endors, difficilement, mais le cœur léger, je me réveille pleine de joie et d’entrain.

Je me félicite d’avoir écrit au Comte et de l’avoir encouragé à revenir à Rivombrosa. Avec l’arrivée au château du Comte Fabrice, tout revit à Rivombrosa. Son retour est comme un renouveau pour le domaine.

Je sais, que l’arrivée prochaine de la Comtesse Anna, à qui j’ai écrit ce matin, viendra sans nul doute assombrir le ciel et refroidir l’atmosphère chaleureuse qui règne au château depuis le retour du Comte.

Mais malgré cette perspective peu agréable, mon cœur demeure heureux et joyeux.
Je ne peux m’empêcher de penser à cet intérêt que Monsieur le Comte semble me porter même si je sais qu’il serait déraisonnable et même insensé de continuer d’y penser!
Je ne peux que difficilement me résoudre à me dire que je ne suis qu’une simple servante à qui de tels rêves sont interdits et qui se doit de rester à la place à laquelle sa naissance l’a destinée.


Une petite voix audacieuse souffle à mon oreille attentive que si cet intérêt a vu le jour c’est que la providence a jugé bon de le laisser gagner mon cœur et mon âme. Une autre petite voix qui cherche à raisonner ce cœur insensé, me met en garde et me rappelle que j’emprunte un chemin dangereux vers le chagrin et sur lequel je risque de rencontrer nombres de déceptions et de désillusions plus douloureuses les unes que les autres.

Après tout, le Comte ne m’a-t-il pas annoncé son intention de repartir dès la fin de sa permission ? Cette voix de la sagesse ne peut trouver réel écho en moi car je pense aussitôt aux réserves qu’il a lui-même et immédiatement formulées à l’égard de ses propres intentions. Tout me semble à la fois si clair et si confus !

Tenir profondément enfouis dans le secret de mon cœur, tous ces sentiments qui égarent mon esprit et ces émotions qui troublent mes sens, me cause, en vérité, bien du tourment.
A qui donc pourrais-je confier ces inavouables pensées si ce n’est aux pages de ce journal qui accueillent en silence mes folles confidences?


Dernière édition par Mimi di Rivombrosa le Jeu 16 Avr - 22:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Lun 16 Fév - 2:37

IX-
Angelo m’a rapporté que la nouvelle du retour du Comte avait fait le tour de la propriété comme une traînée de poudre et que serviteurs, fermiers et métayers, se réjouissaient de voir un Ristori reprendre enfin les rênes et évincer ainsi le Marquis Alvise.
Ce dernier, depuis qu’il gère les affaires, n’a réussi qu’à faire l’unanimité contre lui, à l’exception, selon la Comtesse Agnès, de ceux qui profitent grassement de son incompétence.

La Comtesse, qui réprouvait sans s’en cacher, les choix irresponsables et douteux du Marquis, m’a souvent fait part de sa ferme désapprobation et des nombreux griefs justifiés qu’elle entretient à son encontre. Son attachement viscéral à Rivombrosa où sa famille a prospéré depuis des siècles, la rend intraitable envers le mari de sa fille. Elle n’hésite en effet pas à le qualifier et à l’accabler autant du titre d’incapable que de malhonnête.

Je m’efforce à chaque fois de l’apaiser mais elle ne se départit pas de son jugement sévère et juste à la fois à l’égard du Marquis. Son attitude intraitable est d’autant plus étonnante que malgré le chagrin et l’inquiétude qui rongeaient son cœur de mère, elle a toujours pu garder envers tous, cette bonté, cette chaleur et cette bienveillance qui la font aimer et respecter de tous. C’est pourquoi, tous sont heureux de la voir sourire et manger de si bon appétit.

Aucune crise n’est survenue depuis bientôt une semaine et nous nous prenons à espérer que la Comtesse Agnès pourrait s'être engagée sur la voie d’une durable guérison. Sa mine est bien meilleure et fait plaisir à voir pour nous tous qui l’aimons.

L’Abbé van Necker, est venu aujourd’hui, comme à son habitude, pour dire la messe , confesser la Comtesse et partager le thé avec elle. Il m’a fait part, en prenant congé, de l’impression très favorable que l’humeur joyeuse et la santé apparemment retrouvée de ma maîtresse lui avaient laissées.

Après le départ de son confesseur, la Comtesse m’indiqua son intention d’organiser une fête et un bal pour célébrer dignement et solennellement le retour de son fils. Ce sera là, à ses yeux, une manière de montrer à tous, que le Comte Fabrice reprend désormais sa position légitime de patron respecté et incontesté de Rivombrosa.

Nous avons, à sa demande, dressé la liste des nombreux et prestigieux invités dont elle souhaite s’entourer à cette occasion. Nous passâmes en revue toutes les familles nobles du pays pour être sûres de n’en oublier aucune parmi celles que la Comtesse juge dignes d’être invitée à Rivombrosa.

La Comtesse m’annonça alors qu’elle avait fait convoquer au château, dès demain, le tailleur d’une des maisons les plus en vue à la cour afin de se faire confectionner au plus tôt une robe de circonstance pour le bal.
Rien ne semble trop beau pour montrer à tous l’importance de l’événement et je me réjouis d’y participer, même de loin, en accompagnant ma petite Emilie à cette fête.

Musique, feu d’artifices, belles dames et belles toilettes, mondanités, frivolités, affectations, vanités, et futilités brilleront de mille feux pour la plus grande joie de la Comtesse qui n’en sera pas dupe pour autant.


Dernière édition par Mimi di Rivombrosa le Jeu 16 Avr - 22:53, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mar 17 Fév - 2:15

X-
Une fois de plus, je ne peux trouver le sommeil. Je m’endors et me réveille avec les mêmes pensées et il me faut prendre sur moi pour ne pas négliger mes devoirs. Que le Comte est charmant !
La journée que je viens de vivre m’a laissée étourdie, comme enivrée, la tête pleine de rêves éveillés, d’émotions confuses et le cœur épuisé de s’être emballé et emporté. En attendant de pouvoir me confier à Lucie, il me faut déposer ma journée ici pour soulager suffisamment mon esprit et le délester d’un poids trop lourd pour pouvoir dormir quelques heures.
Tout commença fort agréablement par l’arrivée du tailleur accompagné de deux couturières à l’heure prévue, et les bras chargés d’échantillons de tissus et de dessins représentant les modèles qui se portent à Turin.
La Comtesse choisit une superbe soie grise chamarrée, de fines dentelles de Venise et un modèle d’une élégance discrète qui sied parfaitement à son âge et à sa position.
Elle demanda que l’on remonte un peu le décolleté et que l’on allonge les manches. Elle accepta volontiers la suggestion du maître tailleur qui lui proposait d’ajouter un petit feston assorti pour donner plus d’éclat au plastron.
Ma maîtresse bien-aimée me prouva une fois de plus son affection en m’obligeant à choisir moi aussi une merveilleuse étoffe rouge, en faisant fi de mon refus, et en me faisant réaliser une robe qui mettra, selon elle, mon teint et ma taille en valeur. On prit nos mesures respectives et on promit une livraison avant quatre jours.
Comment trouver les mots qui peuvent traduire ma tendresse pour elle qui prend soin de moi comme elle le ferait de sa propre fille.
Mais tout cela n’est rien en comparaison de ce que le reste de cette journée me réserva. Mon trouble est immense et ne s’apaise pas…
Alors que la Comtesse Agnès se reposait et, que en l’absence de la Comtesse Anna j’avais donné des consignes aux domestiques pour l’entretien de la chambre de Fabrice, je décidai de fuir la chaleur étouffante de l’après-midi en me rendant à la cascade pour m’y baigner et goûter aux bienfaits de l’eau fraîche.
Dès mon arrivée à la rivière, comme à mon habitude, je vérifiai prudemment si aucun promeneur indiscret qui pourrait déranger ma baignade, ne se trouvait dans les environs.
Rassurée, je me déshabillai et commençait à peine à profiter du plaisir de mon bain, quand les hennissements d’un cheval qui n’était pas Vaillant vinrent troubler la quiétude du lieu.
Je me réfugiai immédiatement derrière un rocher pour cacher ma nudité à l’intrus qui devait se tenir à l’abri du feuillage abondant.
Persuadée qu’il s’agissait-là d’Angelo, qui depuis le retour du Comte, courrait les bois et les fermes, je m’en pris à lui, furieuse, lui signifiant la honte qui devrait être la sienne et lui ordonnai de me laisser seule. J'entendis alors le galop d'un cheval qui s'éloignait.
Dès mon retour, je me rendis aux écuries et sans plus attendre je giflai Angelo qui m’accueillait avec le sourire.
Ébahi et abasourdi, il me demanda ce qu’il avait fait pour mériter de ma part une telle réaction. Alors que, furieuse et hors de moi je le menaçais d’une nouvelle gifle et d’informer la Comtesse de ses agissements, il me révéla qu’il n’était pas celui qui avait assisté au spectacle de ma baignade mais que c’était le Comte Fabrice qui en avait agréablement profité pour son plus grand plaisir.
Cette nouvelle me déconcerta et me plongea dans une grande gêne et une grande confusion.
En traversant la cour, j’aperçus le carrosse et l’attelage de la Comtesse Anna que l’on garait dans l’étable et que j’avais ignoré, aveuglée que j’étais par ma colère à l’encontre d’Angelo.
Je me dépêchai alors de me rendre dans ma chambre pour changer au plus vite ma tenue et arranger ma coiffure afin d’éviter les remarques déplaisantes qu’elle pourrait me faire.
Ces efforts ne suffirent pas à m’épargner sa vindicte et son courroux qui cette fois se portèrent, entre autres, sur ma décision d’avoir fait appel pour ma maîtresse, au docteur Ceppi pour lui prodiguer les soins nécessaires à sa santé.
Elle me rappela qu’elle refusait de recevoir Antoine à Rivombrosa et elle menaça de me renvoyer si je lui désobéissais encore à l’avenir en faisant appel à ses services.
Elle me signifia également qu’elle m’interdisait dorénavant de m’occuper de l’intendance, me considérant, au vu de mon initiative, incapable de m’en charger comme il convenait, me démontrant par là que je n’étais pas bonne à grand-chose.
Mais Dieu... Que cette femme peut être méchante ! Il m’est parfois difficile de croire qu’elle est la fille de la Comtesse Agnès tant leurs caractères et leurs tempéraments diffèrent et s’opposent en de si nombreux points. Tout cela ne fait que confirmer mes craintes et mes appréhensions.

Mais cette journée maudite n’en avait pas encore fini avec moi !


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cassidie34
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mar 17 Fév - 10:58

Je viens de rattraper mon retard. C'est superbe. A chaque fois, je m'imagine parfaitement les scènes que tu retranscript parfaitement bien à travers ce journal.

Vivement la suite!!!!
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Mimi di Rivombrosa
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mer 18 Fév - 2:06

Je me rendis sans attendre dans la bibliothèque pour rejoindre la Comtesse Agnès et lui faire la lecture. Je la trouvai en compagnie du Comte Fabrice et il m’apparut que j’interrompais une conversation très privée.
Le Comte sembla agréablement surpris par mon arrivée inattendue et me regarda avec une insistance qui décupla mon trouble de me trouver face à lui sans m’y être préparée.
La Comtesse m’invita à entrer et m’informa qu’elle-même et le Comte terminaient l’étude de la liste des invités qui seraient conviés à la fête donnée en l’honneur de celui-ci.
En espérant ne pas avoir trop laissé transparaître de mon émotion, je proposai aussitôt à la Comtesse de remettre notre lecture à plus tard pour échapper à l’embarras et à la confusion qui étaient les miens.
Mais le Comte insista et sollicita même auprès de sa mère la permission d’y assister tout en m’observant alors que je m’emparais du livre rangé sur une étagère de la bibliothèque. Il s’enquit de savoir quel en était le sujet. « C’est une tragédie de Racine » dis-je sans plus de précision. Il parut satisfait et ajouta sur un ton interrogateur qui cherchait l’approbation « On y parle d’amour… ? ». Je répondis « De destin plutôt ».
Me rejoignant prestement derrière le fauteuil où je m’étais installée, il chercha et réussit à me troubler une fois encore en me demandant si amour et destin n’étaient pas une seule et même chose.
Je feignis ne pas pouvoir répondre à sa question pour, en gagnant du temps, reprendre mes esprits. Il précisa brièvement sa pensée en affirmant la justesse de sa position.
Ma pire crainte était alors qu’il puisse deviner le trouble où il me mettait et je me réjouis à ce moment, de me trouver assise car si je m’étais trouvée debout, j’aurais pu perdre l’équilibre et toute contenance du même coup. Je n’ose imaginer à présent comment j’aurais pu survivre à une telle honte et à une telle humiliation !
Mais sans attendre, il se plaça derrière le fauteuil de la Comtesse, comme pour échapper à son regard sévère tout en me faisant face, guettant mon embarras comme il avait épié mon intimité au bord du lac.
Me regardant et s’adressant à moi, un léger sourire frondeur aux lèvres et une expression malicieuse dans les yeux, il entreprit, sans me nommer mais sans pudeur aucune, de raconter ma baignade, me priant de lui dire si une telle rencontre était une grâce du destin. Je me sentais poussée dans mes ultimes retranchements comme la proie aux abois d’un chasseur déterminé et expérimenté.
Je lui répondis du plus sèchement que je pus qu’il pouvait s’agir là plutôt d’indiscrétion. N’avait-il pas eu à mon égard une conduite indigne d’un gentilhomme ?
Même si je dois à l’honnêteté de reconnaître, que cette conduite même pouvait traduire aussi à mes yeux, un intérêt certain qui me contentait grandement. Sans peine, en continuant de me dévisager et dans le même esprit de se divertir à m’embarrasser, il surenchérit et persévéra dans son récit, presque impudique et indécent. A cet instant, ma gêne devint telle que je baissai les yeux pour ne plus avoir à soutenir l’intensité pénétrante de son regard et cela, comble de l’adversité, en présence de la Comtesse Agnès.
Alors que j’étais au comble de l’émotion, marquant clairement son irritation, celle-ci me demanda fermement de la raccompagner sous le regard amusé du Comte Fabrice, qui semblait quant à lui bien aise d’avoir bousculé les convenances et la bienséance.
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MessageSujet: Re: LE JOURNAL D'ELISA..   Mer 18 Fév - 18:09

c magnifique mimi on revit vraiment cette scenes de bout a l'autre j'ai juste hate de voir la suite Smile
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